16 fois plus de logiciels en sept ans : le coût caché de l'éparpillement SaaS
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    1 octobre 2026

    16 fois plus de logiciels en sept ans : le coût caché de l'éparpillement

    Un CRM, un ERP, un outil de paie, une solution e-commerce, une messagerie, un outil de signature… Chaque besoin a trouvé son logiciel. Résultat : les PME et ETI empilent des dizaines, voire des centaines d'applications qui ne se parlent pas. Les études récentes montrent l'ampleur du phénomène et ce qu'il coûte.

    Près de 200 applications dans les PME du numérique

    Najar, start-up française qui édite une plateforme d'achat et de gestion des logiciels SaaS, a analysé en 2025 plus de 180 entreprises européennes. Selon cette étude, une structure de moins de 100 salariés utilise en moyenne 182 applications SaaS. Un volume qui augmente avec le nombre de salariés.[1] Bien que l'échantillon ne couvre qu'un type d'entreprises, celles des secteurs très numérisés (services digitaux, retail, e-commerce ou fintech), le chiffre n'en donne pas moins le vertige.

    Rapporté à l'effectif, le constat est frappant : 1,8 outil par salarié dans les plus petites structures, contre 0,5 dans les plus grandes. Ces chiffres sont un ordre de grandeur haut : une PME industrielle ou de services traditionnels utilise sans doute moins d'outils. Mais plus l'entreprise est petite, plus elle est exposée à l'éparpillement.

    Le phénomène n'est pas propre à l'Europe. Nintex, éditeur américain de logiciels d'automatisation des processus, a interrogé 2 000 décideurs IT d'entreprises de 250 à 2 500 salariés au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Australie et aux Émirats arabes unis. 51 % d'entre elles gèrent entre 100 et 300 applications SaaS, et 41 % en ajoutent une nouvelle au moins toutes les trois semaines.[2]

    En sept ans, seize fois plus d'applications

    L'éparpillement s'est construit très vite. BetterCloud, éditeur américain d'une plateforme de gestion des applications SaaS, interroge chaque année des responsables informatiques de moyennes et grandes organisations, surtout aux États-Unis. D'après ses études, le nombre d'applications SaaS utilisées dans ces entreprises a été multiplié par 16 entre 2015 et 2022. La crise sanitaire et le passage au télétravail ont nettement accéléré le mouvement.[3]

    Évolution du nombre d'applications SaaS (base 1 en 2015)
    ×1
    2015
    ≈ ×2
    2017
    ×10
    2020
    ×16
    2022
    ×14
    2024

    Source : BetterCloud

    Depuis, la courbe connait un léger ralentissement. Ainsi, en 2024, BetterCloud observe pour la première fois un recul, porté par les efforts de rationalisation. En 2026, Zylo, autre éditeur américain spécialisé dans la gestion des applications et des dépenses SaaS, constate que le nombre d'applications reste globalement stable d'une année sur l'autre. Bien que le parc ne grossisse plus aussi vite, il n'en reste pas mois très élevé : 182 applications en moyenne dans une entreprise du numérique de moins de 100 salariés, selon Najar. Et chacune doit toujours échanger ses données avec les autres.[4]

    Des logiciels achetés par les métiers, pas par la DSI

    La croissance ne vient pas seulement de l'informatique. D'après le SaaS Management Index 2025 de Zylo, 70 % des dépenses SaaS sont portées par les directions métiers. La DSI n'en gère qu'environ un quart.[5]

    Chaque service choisit l'outil le plus adapté à son besoin. C'est légitime. Mais personne n'est chargé de faire circuler les données de l'un à l'autre.

    Le vrai coût : saisies manuelles, doublons et décisions sur des données fausses

    Seules 35 % des entreprises interrogées par Nintex disposent d'outils entièrement intégrés. Pour les autres, les conséquences sont concrètes :[2]

    • 46 % subissent des doubles saisies et des doublons de données ;
    • 46 % constatent des retards dans leurs processus et leurs validations ;
    • 87 % des responsables IT jugent l'impact sur le budget modéré à majeur.

    Dans une PME, cela se traduit très simplement. Une commande saisie dans l'e-commerce est recopiée dans l'ERP. Un client mis à jour dans le CRM ne l'est pas en comptabilité. Le stock affiché en ligne n'est plus le stock réel. Chaque copie manuelle est une source d'erreur et une heure perdue.

    S'y ajoute la dépense : dans la même étude, Zylo estime le budget SaaS moyen à environ 4 250 euros (4 830 dollars) par salarié et par an, en hausse de 21,9 % sur un an.[5]

    Pourquoi c'est devenu un sujet de direction

    Tant que les outils restaient peu nombreux, connecter deux logiciels était un projet technique ponctuel. Avec 200 applications, c'est la circulation de la donnée dans toute l'entreprise qui est en jeu.

    Trois questions relèvent désormais de la direction :

    • Fiabilité : sur quelles données reposent nos décisions, et sont-elles à jour ?
    • Productivité : combien de temps nos équipes passent-elles à recopier des informations ?
    • Maîtrise : savons-nous où transitent nos données, et par quels outils ?

    Trois réflexes pour reprendre la main

    • Cartographier : lister les logiciels réellement utilisés et les flux de données entre eux, y compris ceux gérés à la main.
    • Prioriser : identifier les deux ou trois flux qui génèrent le plus de ressaisies (commandes, clients, stocks, facturation).
    • Automatiser durablement : connecter ces logiciels avec une solution maintenue dans le temps, plutôt qu'avec des scripts maison que personne ne saura reprendre.

    Pour aller plus loin sur l'automatisation de ces flux, consultez notre page dédiée à l'automatisation des échanges de données et notre article sur le SaaS Sprawl, ce coût caché des outils SI sans supervision.

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    Notes

    1. [1] Najar, étude sur plus de 180 entreprises européennes (digital, retail, e-commerce, fintech), relayée par CIO Online, « Une grande entreprise possède en moyenne plus de 400 logiciels SaaS », juillet 2025.
    2. [2] Nintex, SaaS Sprawl Snapshot 2025, enquête auprès de 2 000 décideurs IT, relayée par IT for Business, « 51 % des entreprises cumulent entre 100 et 300 applications SaaS », août 2025.
    3. [3] BetterCloud, State of SaaSOps 2020 (octobre 2020), State of SaaSOps 2023 (novembre 2022) et State of SaaS 2024 (juillet 2024).
    4. [4] Zylo, SaaS Management Index 2026, janvier 2026.
    5. [5] Zylo, SaaS Management Index 2025, janvier 2025.
    #SaaS#PME#intégration#iPaaS#automatisation